
Un incendie dans un immeuble délabré de Johannesburg, en Afrique du Sud, a fait au moins 76 morts et au moins 50 blessés. Parmi les victimes figurent au moins 12 enfants. Des personnes ont été vues se jeter dans le vide lors de l'incendie, le 31 août 2023, les issues étant apparemment bloquées par des grilles de sécurité verrouillées.
Les autorités ont d'abord affirmé que l'immeuble de cinq étages situé dans le quartier des affaires de la capitale sud-africaine était occupé par des squatteurs. Les bâtiments abandonnés et délabrés sont, semble-t-il, monnaie courante dans ce secteur, et cet immeuble en particulier avait été mentionné dans un article récent du New York Times décrivant la dégradation des conditions de vie dans cette ville de six millions d'habitants. Signe de cette dégradation, l'article du Times rapportait qu'en mai, la ville avait élu son sixième maire en l'espace de vingt-deux mois.
Durant l'apartheid, le bâtiment servait de point de contrôle pour les travailleurs noirs, délivrant des laissez-passer pour restreindre leurs déplacements. Il appartenait alors toujours à la ville. Cependant, un relâchement de la réglementation gouvernementale a permis à des bandes criminelles de s'emparer des bâtiments vides et d'exiger des loyers de personnes désespérées en quête d'un abri. Une habitante rescapée a raconté à la radio publique nationale (NPR) qu'elle était venue d'un pays africain plus pauvre pour chercher une vie meilleure et qu'avec ses deux enfants et son compagnon, elle vivait dans une cabane de fortune construite à l'intérieur du bâtiment, pour laquelle elle payait au « cartel » environ 60 dollars américains par mois.
Les autorités estiment que jusqu'à 200 personnes vivaient dans l'immeuble avant l'incendie, utilisant des systèmes de chauffage et de cuisine de fortune. L'incendie s'étant déclaré lors d'une panne de courant, l'hypothèse d'une origine liée aux bougies est privilégiée.
L'incendie rappelait quelque peu celui du « Vaisseau Fantôme » survenu le 2 décembre 2016 à Oakland, en Californie, aux États-Unis, et qui avait fait 36 victimes. Presque toutes les victimes participaient à une fête organisée au deuxième étage d'un ancien entrepôt de 918 m² (9 880 pieds carrés) construit en parpaings. Bien que situé en zone industrielle et loué comme local commercial, le bâtiment avait été illégalement transformé en un labyrinthe de lofts abritant 25 artistes ainsi que des membres de la famille du locataire principal. Le bâtiment regorgeait de matériaux combustibles, notamment un escalier construit avec des palettes en bois. La cause exacte de l'incendie n'a jamais été déterminée, mais une origine électrique est suspectée. Un réseau de rallonges alimentait le bâtiment en électricité, provenant d'un garage automobile voisin et passant par un trou dans le mur. Les normes de construction et de sécurité incendie n'ayant pas été correctement appliquées, la ville d'Oakland a conclu en 2020 un accord à l'amiable pour un montant de 33 millions de dollars, dont 9 millions versés à une personne ayant survécu mais souffrant de séquelles permanentes. Pacific Gas & Electric et la famille Ng, propriétaire de l'immeuble, ont également conclu des accords dont les montants sont restés confidentiels. Le locataire principal a finalement plaidé coupable de 36 chefs d'homicide involontaire.

